Aux Etats Unis du début du XXe siècle, à Oakland, le jeune marin Martin Eden qui vit au jour le jour vient en aide à Arthur, fils de bonne famille lors d’une bagarre. En le ramenant chez lui, Martin fait la connaissance de sa soeur Ruth dont il tombe amoureux. C’est alors qu’il décide de reprendre ses études afin de s’élever au même niveau intellectuel que la famille Morse, et ainsi toucher le coeur de Ruth.Véritable roman d’apprentissage, Martin Eden comporte de nombreux points communs avec la vie de Jack London : héros aventurier né dans un milieu précaire et défavorisé, il va tout de même sortir de sa pauvreté grâce à l’écriture apprise en autodidacte. Tout comme London, Eden va peindre la misère qu’il connaît bien dans ces récits et cela lui sera même reproché par son entourage. La réalité ne fait pas vendre. Dans ce roman, l’auteur dénonce le monde factice de l’argent vers lequel Martin tente de s’élever au prix de nombreux efforts et sacrifices. La désillusion n’en sera que plus douloureuse. London dénonce aussi l’individualisme du héros qui s’élève lui-même, en y délaissant sa propre classe sociale.

Le roman a été récemment adapté au cinéma par Pietro Marcello en 2019. L’acteur Luca Marinelli a d’ailleurs été récompensé à la Mostra de Venise pour le rôle de Martin Eden. Contrairement au roman, le film prend plusieurs libertés, notamment pour le lieu de l’action qui se déroule à Naples en Italie. Malgré ces partis pris, je trouve que le film reste fidèle au message du roman. Le plus gros reproche que je pourrais faire serait la façon dont il a traité l’ascension de Martin beaucoup trop rapide par rapport à ce que le roman nous raconte. En effet, dans le film, Martin devient connu à partir du moment où un de ces textes parvient à être publié dans un magazine (c’est en tout cas ce qu’on nous fait comprendre), alors que dans le roman, Martin subit le mépris de ces magazines qui ne le paient pas ou très peu pour la publication de ces oeuvres. C’est un second coup dur après être parvenu difficilement à se faire publier.Je garde néanmoins une préférence pour le roman, surtout pour la fin, les deux trois dernières pages que je trouve magnifiques.